Don d'organes en France : comment s'inscrire sur le registre ou signifier son refus
En France, chacun est présumé donneur d'organes, sauf refus explicite. Ce guide explique clairement ce principe, comment exprimer votre position et ce que cela implique concrètement pour vous et vos proches.
Illustration générée par intelligence artificielle.
Le don d’organes reste un sujet souvent mal connu, alors qu’il repose en France sur un principe juridique simple : le consentement présumé. Beaucoup de personnes pensent, à tort, qu’il faut s’inscrire quelque part pour devenir donneur. En réalité, c’est l’inverse : c’est le refus qui nécessite une démarche. Comprendre ce mécanisme permet à chacun de prendre une décision éclairée et d’en informer ses proches, un geste souvent plus utile que la démarche administrative elle-même.
Le principe du consentement présumé, expliqué simplement
Depuis la loi Caillavet de 1976, confirmée et précisée par les textes suivants, la France applique le principe du consentement présumé au don d’organes. Concrètement, cela signifie que toute personne est considérée comme favorable au don après son décès, sauf si elle a exprimé un refus de son vivant.
Ce principe repose sur une logique de solidarité collective, mais il laisse à chacun une liberté totale de choix : accepter implicitement en ne faisant aucune démarche, ou refuser explicitement via une procédure dédiée.
Comment exprimer son refus si l’on ne souhaite pas être donneur
Pour les personnes qui ne souhaitent pas donner leurs organes après leur décès, deux moyens permettent d’exprimer ce refus de façon officielle.
L’inscription sur le registre national des refus
C’est le moyen le plus fiable et le plus consulté par les équipes médicales. L’inscription se fait :
- en ligne, via un formulaire sécurisé sur le site de l’Agence de la biomédecine ;
- par courrier, en envoyant une lettre manuscrite, datée et signée, à l’adresse indiquée par l’agence.
Ce registre est systématiquement consulté par l’équipe médicale avant tout prélèvement envisagé, ce qui en fait la garantie la plus solide pour faire respecter sa volonté.
Le refus partiel ou limité
Il est possible d’exprimer un refus nuancé plutôt que total :
- refuser le don de certains organes ou tissus seulement ;
- accepter le don à des fins thérapeutiques mais le refuser à des fins de recherche scientifique ;
- limiter le refus à certaines conditions spécifiques.
| Type de position | Démarche nécessaire | Où elle est consultée |
|---|---|---|
| Accord (par défaut) | Aucune | Présomption automatique |
| Refus total | Inscription au registre national des refus | Consulté systématiquement avant prélèvement |
| Refus partiel | Inscription précisant les organes/tissus concernés | Consulté et appliqué selon les précisions données |
| Position orale non enregistrée | Aucune, mais risque de ne pas être connue | Recueillie auprès des proches si besoin |
Le rôle des proches quand la position n’est pas enregistrée
En l’absence d’inscription au registre national des refus, l’équipe médicale ne prélève jamais sans précaution : elle interroge systématiquement les proches du défunt, afin de recueillir tout témoignage connu de sa volonté, même exprimée oralement de son vivant.
Cette étape peut être difficile pour l’entourage, en particulier dans un contexte de deuil soudain. C’est pourquoi les associations et professionnels de santé insistent sur un point simple : en parler à l’avance, quelle que soit sa position, allège considérablement cette charge pour la famille au moment venu.
Existe-t-il une limite d’âge ou des critères médicaux stricts ?
Contrairement à une idée répandue, il n’existe pas de limite d’âge automatique excluant une personne du don. C’est l’état de santé des organes au moment du décès qui détermine leur compatibilité, évalué au cas par cas par l’équipe médicale spécialisée. Certaines pathologies peuvent en revanche limiter ou empêcher un don, selon l’organe concerné et le contexte clinique.
Il n’est donc pas nécessaire de s’auto-exclure par anticipation en raison de son âge ou de certains antécédents : seule l’évaluation médicale au moment venu permet de le déterminer.
Don d’organes et autres gestes de solidarité en santé
Le don d’organes s’inscrit dans une famille plus large de gestes de solidarité liés à la santé publique, aux côtés par exemple du don du sang, essentiel pour sauver des vies, qui repose lui sur une démarche volontaire et répétée plutôt que sur un principe de consentement présumé.
D’autres démarches administratives liées à la santé et à la citoyenneté méritent d’être anticipées de la même façon, comme le geste simple mais souvent négligé de savoir que faire de ses médicaments non utilisés ou périmés, qui participe lui aussi à une meilleure gestion collective de la santé publique.
Ce qu’il faut retenir
Le don d’organes en France repose sur un principe simple mais souvent méconnu : chacun est présumé donneur, sauf refus exprimé de son vivant. Pour celles et ceux qui souhaitent s’opposer au don, total ou partiel, l’inscription au registre national des refus reste la démarche la plus fiable. Dans tous les cas, qu’il s’agisse d’un accord tacite ou d’un refus formalisé, en parler avec ses proches demeure le geste le plus concret pour que sa volonté soit respectée sereinement, le moment venu.
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement s'inscrire quelque part pour être donneur d'organes ?
Non. En France, le principe est celui du consentement présumé : toute personne est considérée comme donneuse par défaut, sans démarche à accomplir. Seule l'expression d'un refus nécessite une inscription, notamment sur le registre national des refus, pour être formellement prise en compte.
Comment s'inscrire sur le registre national des refus ?
L'inscription se fait principalement en ligne, sur le site officiel de l'Agence de la biomédecine, via un formulaire sécurisé. Il est également possible d'envoyer une lettre manuscrite signée à l'agence, par courrier postal, pour les personnes qui préfèrent cette démarche ou n'ont pas accès à internet.
Peut-on refuser le don pour certains organes seulement ?
Oui, le refus peut être total ou partiel. Une personne peut par exemple accepter le don de certains organes ou tissus tout en refusant pour d'autres, ou encore autoriser le don à des fins thérapeutiques tout en le refusant à des fins de recherche scientifique. Cette précision est enregistrée sur le registre.
Que se passe-t-il si une personne n'a pas exprimé sa position avant son décès ?
En l'absence d'inscription au registre national des refus, l'équipe médicale interroge les proches pour connaître la position que le défunt aurait exprimée de son vivant, même de façon orale. C'est pourquoi il est utile d'en parler à sa famille, quelle que soit sa décision personnelle.
Peut-on changer d'avis après s'être inscrit sur le registre des refus ?
Oui, l'inscription n'est jamais définitive. Il est possible de modifier ou de retirer son refus à tout moment, selon la même procédure que l'inscription initiale, en ligne ou par courrier. Le registre reflète toujours la dernière position exprimée par la personne.
Le don d'organes a-t-il une limite d'âge ?
Il n'existe pas de limite d'âge stricte et automatique pour être donneur : c'est l'état de santé des organes au moment du décès qui détermine leur compatibilité avec un don, évalué au cas par cas par l'équipe médicale. Il n'est donc pas nécessaire de s'auto-exclure en raison de son âge.